Voici une petite partie de linterview de mon directeur détude (Master Intelligence Economique, Toulouse) sur Telerama. Il parle de Google et de sa main mise sur le web.
« Question de Telerama : Peut-on imaginer dans quelques années que Google détienne le même genre de monopole sur le Web que celui de Microsoft sur les logiciels ?
Olivier Ertzchild : Sur ce point, les experts ont toujours tendance à se tromper. On se souvient par exemple qu'on disait la même chose de Netscape il y a quelques années, qui a pourtant été avalé tout cru par Microsoft. En fait, il y a trois acteurs qui se positionnent sur une telle démarche monopolistique, MSN, Yahoo, et Google.
Chacun propose des services intégrant de plus en en plus de données personnelles. On parle beaucoup du projet de Google de numérisation de bibliothèques, mais Yahoo investit aussi sur le même créneau, plus discrètement.
Le vrai risque objectif de cette concentration, c'est l'apparition d'une sorte de guichet unique de l'information. Mais ce que l'on constate, c'est un changement dans la mentalité des utilisateurs, qui semblent ne pas se formaliser des aspects intrusifs de Google et ses confrères.
Les gens ne sont pas heurtés de voir qu'en lisant leur courrier dans Gmail, des publicités s'affichent en relation avec le contenu de leurs messages.
Question de Telerama : Que va faire Google de toutes les données personnelles qu'il collecte en permanence ? Va-t-il devenir le Big Brother du web ?
Olivier Ertzchild : En tous cas, on ne peut pas reprocher à Google son manque d'honnêteté : sur tous ses services où il y a besoin de se connecter, il est clairement indiqué que les données collectées seront utilisées et revendues à des sociétés commerciales.
Le syndrome orwellien existe donc, même s'il ne faut pas non plus trop se focaliser dessus par rapport aux dérives potentielles de la biométrie (l'identification d'une personne par son empreinte digitale ou l'iris de son oeil), notamment, qui me paraissent plus importantes.
Et surtout, il me semble qu'Internet a toujours favorisé l'émergence de contre-pouvoirs. »
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